souvenirs et interviews
 
  Françoise SAGAN
 

Je ne connais rien à la danse et mon admiration allait donc à la beauté de l'homme en lui-même et à la beauté éprouvée de ses démonstrations sur la scène de Paris.

Je l'avais vu arriver en courant dans la lumière, je l'avais vu sauter dans un bond triomphant et j'avais senti quelque part que ces sauts, ces pas étaient plus beaux, plus vigoureux, plus superbes que ceux des autres.

Plus tard, dans la nuit, je l'avais croisé au hasard des boîtes, piéton ailé, rapide, désinvolte, avec un visage de loup et un rire de Russe.