| DANSE ET POESIE | |||
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Je n'ai fait que traverser le monde en courant ; J'ai saisi aux cheveux chaque désir Laissant aller ce qui ne me plaisait pas, Laissant passer ce qui m'échappait. Je n'ai fait que convoiter, accomplir mes desseins Et convoiter encore ; ainsi, plein de vigueur, J'ai passé ma vie dans l'impétuosité, d'abord grand et puissant ; Mais aujourd'hui je vais avec sagesse et réflexion. Le globe terrestre m'est suffisamment connu. Le vue sur l'Au-delà nous est fermée. Insensé celui qui, dirigeant là-bas ses yeux clignotants, S'imagine que ses semblables existent au-dessus des nuages. Qu'il se tienne ferme et regarde ici autour de lui ; Pour un esprit qui sais agir, ce monde n'est pas muet ; Qu'a-t-il besoin d'errer dans l'éternité ? (...) Oui, je me livre tout entier à cette pensée Qui est l'arrêt suprême de la sagesse : Celui-là seul mérite la liberté et la vie Qui doit chaque jour les conquérir. Ainsi environnés de dangers, L'enfant, l'homme, le vieillard passeront ici vaillamment leurs années. Je voudrais voir une foule animée d'une telle activité, Je voudrais être sur une terre libre avec un peuple libre ; Je pourrais alors dire au Moment : Demeure donc, tu es si beau ! La trace de mes jours terrestres ne peut être anéantie dans les Eons… Dans le pressentiment d'une si grande félicité Je jouis maintenant du plus sublime moment. LE SECOND FAUST (Acte V) Johann Wolfgang von Goethe |
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